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Ce qui naît de nos mains

Série de reprise et de construction · 2024–2026

1- Entre deux mondes  · Esquisse au fusain par Mélisss.jpg
2- Née du Noir · Esquisse au fusain par Mélisss.jpg
3- Instant Suspendu · Esquisse au fusain par Mélisss.jpg
4- Éthérée · Esquisse au fusain par Mélisss.jpg

Premières esquisses · graphite et fusain · 2024

Reprendre la main

Cette série est née après la fin d’une collaboration qui m’a laissée profondément atteinte.

Je m’y étais investie pleinement parce que j’y croyais sincèrement. Avec le temps, une dynamique abusive s’est installée. Une part grandissante de mon énergie passait dans la justification, la réparation et la tentative de stabiliser ce qui se défaisait autour de moi.

Lorsque cette collaboration a pris fin, la peur occupait encore beaucoup de place. J’avais besoin de sortir de ma tête ce qui y restait coincé et de retrouver un endroit qui m’appartenait encore.

J’ai recommencé par le graphite et le fusain.

Une feuille. Une ligne. Puis une autre.

Dessiner ne réglait pas ce que j’avais traversé. Le geste me permettait de poser un acte réel, de retrouver une continuité et de choisir ce que mes mains allaient continuer à construire.

Créer m’a tenue en mouvement malgré la douleur.

Une ligne après l'autre

Née du noir · esquisse en atelier.jpg

Née du noir · esquisse au fusain · 2024

Ma lumière suinte des profondeurs, là où l’ombre ronge et efface. 

Entre deux mondes · esquisse au fusain · 2024

Dans l’espace ténu entre hier et demain,
Pas tout à fait brisée, jamais vraiment libre,
Fracturée, mais entière, force née des failles.

Instant suspendu · esquisse au fusain · 2024

Quand tout semble s’arrêter, c’est peut-être là que tout commence. 

Le titre de la série prend son sens à cet endroit.

Ce qui naît de nos mains ne concerne pas seulement ce que l’on fabrique. La série porte une question devenue très concrète pour moi : qu’est-ce que nos gestes rendent possible autour de nous?

 

Certains gestes bâtissent. Ils soutiennent, rassemblent et ouvrent une suite.

D’autres défont. Ils fragilisent, divisent et laissent des traces bien après avoir été posés.

 

J’avais longtemps consacré une part importante de mon énergie à reconstruire par-dessus ce qui se défaisait autour de moi. Je ne pouvais pas empêcher certains gestes de détruire ce que j’essayais de bâtir. Je pouvais toutefois décider de ne pas laisser cette destruction devenir ma propre direction.

 

Je voulais continuer à construire.

 

Revenir à la création est devenu une manière de reprendre mes mains, mon énergie et ma place.

Ce que nos gestes rendent possible

Ce qu’on choisit de porter

À mesure que les dessins avançaient, le regard s’est déplacé.

Je ne cherchais plus seulement à sortir ce qui m’habitait. Je réfléchissais davantage à ce que les gestes produisent dans une relation : ce que l’on impose aux autres, ce que l’on refuse de regarder en soi et ce que chacun doit apprendre à porter avec maturité.

 

Alphabet on it? et Parjure appartiennent à cette étape. Les œuvres ne racontent pas directement ce qui s’est passé. Elles ouvrent vers une responsabilité plus concrète : la manière dont on choisit d’agir lorsque la tension, la peur ou la colère prennent de la place.

Alphabet on it? · esquisse au fusain · 2024

7- Parjure · Esquisse au fusain par Méli

Il existe des formes d’élan que l’on ne perçoit qu’après l’impact.

Des lignes discrètes, gravées dans l’air, où le mouvement ne s’efface jamais.

 

Quand le poids du monde change de mains, ce n’est pas une défaite.

 

C’est une lumière que l’on trace à même les fissures

Parjure · esquisse au fusain · 2024

Laisser retomber l’alerte

Lorsque cette collaboration a pris fin, la peur ne s’est pas retirée avec elle.

Je savais que j’avais quitté une dynamique qui me détruisait. Un sentiment de danger persistait pourtant. Mon corps et ma tête demeuraient sur leurs gardes.

Il fallait du temps pour que l’alerte perde du terrain et qu’une paix réelle recommence à prendre place.

Les cendres ne mentent pas, Rêverie et さよなら · Sayonara appartiennent à cette transition.

La tension est encore vive dans Les cendres ne mentent pas.

Avec Rêverie, quelque chose ralentit. Le regard se dépose. Une zone plus calme redevient accessible.

Sayonara signifie adieu. Ce dessin ferme l’année 2024 avec un geste plus net : laisser derrière ce qui dévore sans nourrir.

La création continuait de me tenir en mouvement. Elle ramenait aussi, peu à peu, de la paix.

8- Les cendres ne mentent pas · Esquisse au fusain par Mélisss.jpeg

Les cendres ne mentent pas · esquisse au fusain · 2024

9- Rêverie · Esquisse au fusain par Mélisss.JPG
10- さよなら (Sayonara) · Esquisse au fusain par Mélisss.png

さよなら · Sayonara · esquisse au fusain · 2024

Adieu à tout ce qui dévore sans jamais nourrir.

J’ai appris à bâtir sur les ruines, à arracher le sens au cœur du chaos, là où tout semblait s’effondrer.

Rêverie · esquisse au fusain · 2024
Souffle tenu au creux d’un regard, pour se recueillir à la frontière du devenir.

Pendant l’hiver 2025, j’ai commencé à reprendre une grande partie de ces esquisses à l’écran.

Le changement de médium créait une distance utile. Je pouvais revenir plusieurs fois sur une même image, modifier sa composition, essayer une couleur, retirer ce qui l’alourdissait, puis recommencer sans brusquer la suite.

Ce travail me permettait de multiplier les essais avant d’arrêter mes choix.

Certaines ont peu bougé. D’autres se sont transformées au fil des versions, jusqu’à trouver une présence distincte de leur forme initiale.

Le numérique n’était plus seulement un passage vers la peinture. Il devenait un espace de travail à part entière.

Éthérée et Chambre Close ont pris forme dans cet intervalle.

Passer par le numérique

4- Éthérée · Esquisse au fusain par Mélisss.jpg
4- Éthérée OD LD.png
6- Chambre Close · Esquisse au fusain par Mélisss.jpg
6- Chambre Close OD LD.jpeg

Éthérée et Chambre Close · esquisses et œuvres numériques · 2024–2025

Revenir vers la toile

Progressivement, j’ai recommencé à peindre.

Le retour à la matière demandait davantage de temps, de décisions et d’engagement. La toile imposait un autre rythme. Elle ne permettait pas les mêmes déplacements que l’écran.

Certaines œuvres ont trouvé leur forme dans ce passage.

In Between Worlds – Full View – Acrylic painting by Melisss (Melissa Henri)

Entre deux mondes · œuvre originale · 2025

Avec Les cendres ne mentent pas, la série arrivait à saturation.

Pendant deux semaines, je me suis acharnée sur une toile qui refusait d’exister. Une guerrière que je n’arrivais pas à faire tenir.

J’avais traversé ce que cette série avait rendu possible.

Continuer aurait été une manière de rester encore dans cette histoire.

Une autre direction s’impose

Pendant ce temps, sans que je fasse encore le lien, un guépard était apparu au numérique.

Je ne comprenais pas encore ce qu’il annonçait.

J’ai cessé d’insister.

J’ai gratté la toile.

Les cendres ne mentent pas → Zone 0 · reprise de la toile · 2025

Ce n’est que plusieurs mois plus tard, en rassemblant les images du processus, que j’ai compris la portée de ce geste.

Le premier dessin portait déjà ces mots :

Je ne plie pas, je danse avec le vent qui cherche à m’abattre.

Mais c’est le feu qui me transforme
et de ses cendres renaît un début.

Je croyais avoir mis fin à une toile arrivée à sa limite.

En réalité, sur la même surface, j’étais passée de la lutte à la disponibilité.

Zone 0.

Un espace d’après-guerre.

Un calme qui sait. Une conscience en éveil.

Cesser de fuir. Cesser de combattre. Se recharger.

Les cendres ne mentent pas.

Elles avaient raison depuis le début.

Explore est née là.

Clore un dossier

En novembre 2025, presque un an après la naissance de cette série, j’ai présenté plusieurs œuvres dans le cadre d’un événement au profit de la Séjournelle.

Le lieu était déjà lié à cette histoire. Les parcours de certaines femmes présentes faisaient écho au mien.

J’y arrivais pourtant depuis un autre endroit.

Présenter ces œuvres là, dans ce contexte, refermait quelque chose de très concret.

À ce moment-là, je croyais cette série terminée.

Pop-up d’artisans au profit de la Séjournelle · Broadway Microbrasserie · Shawinigan · nov

Pop-up d’artisans au profit de la Séjournelle · Broadway Microbrasserie · Shawinigan · novembre 2025

Revenir vers elles

Quiet Loud · Estampe numérique de Mélisss
Red is a Mood 24 X 32 (LD).png
Libre · Estampe numérique de Mélisss

Quiet Loud · Red is a Mood · L I B R E
Versions numériques initiales · 2025

Explore avait ouvert une autre direction.

Je pensais avoir laissé derrière moi les femmes imaginées plus tôt dans le processus.

Puis trois d’entre elles se sont imposées à nouveau : Quiet Loud, Red is a Mood et L I B R E.

Je les avais d’abord travaillées au numérique. Au moment de les transposer sur la toile, j’ai compris qu’elles n’avaient pas été abandonnées.

Elles avaient attendu.

Ma main n’était plus la même. Ma manière de lire une œuvre non plus.

Trois femmes

Elles n’ont pas traversé la toile de la même manière.

Chacune reprend une part différente du chemin : rassembler ce qui s’était dispersé, laisser revenir l’intensité, puis choisir une direction.

Quiet Loud, portrait contemporain en acrylique sur toile par Mélisss.png

Quiet Loud · œuvre originale · 2026

Quiet Loud rassemble.

Red is a Mood, portrait contemporain en acrylique sur toile par Mélisss.jpg

Red is a Mood · œuvre originale · 2026

Libre, portrait contemporain en acrylique sur toile par Mélisss

L I B R E · œuvre originale · 2026

L I B R E choisit.

Ensemble, elles rendent visible un déplacement lent : retrouver une assise, récupérer une énergie vivante et reprendre la responsabilité de sa direction.

Ce qui naît de nos mains se referme sur une capacité retrouvée à choisir ce qui mérite encore d’être porté.

La trajectoire se poursuit avec Explore.

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